Nouveau symbole de la lutte pour le climat pour les uns, phénomène marketing pour d’autres, Greta Thunberg est une jeune militante écologiste et altermondialiste suédoise qui a reçu une attention mondiale ces dernières années. À l’âge où nos enfants entrent au lycée, elle est devenue en l’espace de quelques mois le nouveau visage du combat contre le réchauffement climatique. Personnalité clivante, son discours ne laisse, néanmoins, personne indifférent. Découvrons ensemble celle qui, à 17 ans seulement, a été nommée personnalité de l’année 2019 par le Times Magazine.

Jeunesse et sensibilisation à la cause écologiste

Greta est née le 3 janvier 2003 à Stockholm, d’un père cinéaste et comédien et d’une mère chanteuse lyrique et auteure. On retrouve dans son arbre généalogique un certain Svante Arrhenius, Prix Nobel de Chimie de 1903, qui a été l’un des premiers scientifiques, dès le début du 20e siècle, à mettre en évidence une théorie à propos du réchauffement climatique. Très jeune, vers l’âge de 8 ans, elle commence à s’interroger sur l’écologie et notamment la question du climat. À 11 ans, les médecins lui diagnostiquent à elle et sa sœur Beata, le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme caractérisé par des épisodes dépressifs. Plus tard, elle qualifiera à plusieurs reprises sa condition de super pouvoirs. En 2018, à seulement 15 ans et à la suite d’une dépression, elle confie à ses parents ses angoisses sur l’environnement et le problème du réchauffement climatique. Elle va alors devenir végane, anti-consumériste et s’interdire catégoriquement de voyager en avion, entrainant dans son sillage sa famille.

Environmental activist Greta Thunberg, of Sweden, addresses the Climate Action Summit in the United Nations General Assembly, at U.N. headquarters, Monday, Sept. 23, 2019. (AP Photo/Jason DeCrow)/UNJD116/19266562076370//1909231940

Un militantisme précoce

Au mois de mai, elle est lauréate d’un concours d’écriture sur le thème du climat à l’adresse des jeunes, ce qui lui permet de rencontrer d’autres personnes sensibles comme elle à la question du climat, ainsi que d’entrer en contact avec d’éminents militants écologistes suédois de la première heure. C’est le 20 août 2018 que son destin va basculer. Le jour de la rentrée des classes à Stockholm, elle commence, seule et équipée d’une simple pancarte, sa grève de l’école pour le climat devant le Parlement suédois.

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À cette époque, la Suède venait de connaître un été caniculaire et des incendies de forêt exceptionnels. Elle est bien décidée à attirer l’attention des pouvoirs politiques en place jusqu’aux élections générales prévues le 9 septembre. Tous les jours, elle reste assise devant le Parlement pendant ses heures de cours afin d’exiger la réduction des émissions de CO² comme prévu par l’accord de Paris sur le climat. À la suite des élections, elle va continuer, tous les vendredis, son mouvement de grève scolaire. Son histoire et son combat commencent à être relayé dans les médias internationaux et sur les réseaux sociaux, ce qui va contribuer à lancer des mouvements similaires à travers le monde.

Un phénomène mondial

Le principe des Fridays for Future et le hastag éponyme va se répandre partout en Europe et dans le monde, avec une jeunesse étudiante, sensible à l’écologie, qui s’inspire de son action pour faire pression sur les décisionnaires sur la question du climat. Nouvelle figure de l’écologie, on la verra dès lors dans de nombreuses manifestations comme lors de Rise for Climate devant le Parlement européen.

La jeune Suédoise commence alors à arpenter le monde, allant à la rencontre des dirigeants politiques et prenant la parole lors d’assemblées pour exiger des solutions aux questions climatiques et un engagement total vis-à-vis de l’Accord de Paris sur le climat. Son discours très offensif, à l’adresse du secrétaire général des Nations Unies lors de la COP24 en Pologne, en décembre 2018, va marquer les esprits et va devenir rapidement viral. En France, à l’initiative de 162 députés, elle s’exprime devant l’Assemblée nationale au mois de juillet 2019, appelant à prendre la pleine mesure de la situation climatique, à faire confiance à la communauté scientifique et à passer des grands discours aux actes. À partir de la rentrée de 2019, elle décide de prendre une année scolaire sabbatique. Elle est invitée à s’exprimer dans des conférences et des rencontres internationales sur plusieurs continents.

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« How dare you ? » – « Comment osez-vous ? »

Fidèle à ses convictions, elle décide de traverser l’Atlantique sur un yacht zéro émission pour se rendre au sommet des Nations Unies sur l’action pour le climat de New York. Elle participe, avec des millions de manifestants, à une marche historique contre le changement climatique à New York le 20 septembre 2019. Surnommée grève mondiale pour le climat, cette action va devenir la plus grande manifestation climatique de l’histoire avec plus de 4 millions de participants à travers le monde, à la veille du Sommet des Nations Unies sur le climat. Le point d’orgue de ce voyage, pour Greta, est sans aucun son discours sans concessions tenu le 21 septembre 2019, lors du sommet sur l’action pour le climat. Devant un parterre de dirigeants mondiaux et de législateurs, elle lance : « Nous sommes au commencement d’une extinction de masse et tout ce dont vous pouvez parler, c’est de l’argent et des contes de fées de la croissance économique éternelle. Comment osez-vous ? ». Résolument offensive, elle dépose, en compagnie d’autres jeunes militants pour le climat, une plainte officielle envers cinq pays, dont la France, pour le non-respect de leur engagement vis-à-vis de la COP21.

Controversée, mais iconique

Greta Thunberg a le soutien de l’immense majorité de la cause écologiste à travers le monde, mais sa personnalité fait parfois débat. Ses détracteurs lui reprochent un discours bien trop alarmiste sur la question du climat. Néanmoins, la majorité des reproches qui lui sont adressés portent plus sur son jeune âge plutôt que son combat. Elle ne laisse, en tout cas, pas indifférent. Elle a été nommée pour le prix Nobel de la paix pour son activisme climatique et est devenue la plus jeune personne, un mois avant son 17e anniversaire, à recevoir la distinction de personnalité de l’année 2019 par le Time Magazine.

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Quoi qu’il en soit, le phénomène amène un vent de fraîcheur dans la lutte pour le climat qui va bien au-delà de la jeune Suédoise qui fédère autour d’elle une nouvelle génération bien décidée à changer la donne. La relève est assurée.