La production d’électricité en France repose encore en grande partie sur le nucléaire. À l’heure de la transition énergétique qui donne une place centrale à la protection de l’environnement dans la production et la consommation d’électricité, la question du nucléaire dans le mix énergétique est posée. Il s’agit de remettre en perspective notre modèle énergétique pour lutter contre la pollution. Faisons le point sur l’état actuel du parc nucléaire et les énergies renouvelables en France.

La France, un bastion de l’énergie nucléaire

Depuis 50 ans, notre pays s’est tourné vers le nucléaire pour répondre aux besoins grandissant en électricité. Dans la répartition de la production d’électricité, le nucléaire reste loin devant les autres sources avec près de 70 % du total. Les défenseurs du nucléaire en France avancent deux grands avantages : les centrales n’émettent que peu de dioxyde de carbone et il permet l’autosuffisance énergétique.

Un bilan carbone faible

En effet, le CO² est pour une très large partie responsable du changement climatique à travers le monde. Les chiffres de l’ADEME, qui est l’agence de la transition écologique, montrent que pour 1kWh d’électricité produite, le nucléaire émet 6 grammes de dioxyde de carbone. Nous pouvons mettre ce chiffre en parallèle avec les énergies fossiles telles que le charbon et le gaz qui produisent respectivement 1058 et 418 grammes par kWh. En allant plus loin, on s’aperçoit que le bilan est même meilleur que pour les énergies renouvelables, comme l’éolien avec 14,1 gr/kWh et le solaire avec 55 gr/kWh.

Dit comme cela, le nucléaire a l’air une énergie idéale, mais quel est son réel impact sur l’environnement ? Le point noir du nucléaire, c’est évidemment les déchets et leur gestion. La question du stockage et de la maintenance des déchets nucléaires est encore bien loin d’avoir trouvé une réponse satisfaisante et chaque année plus de 23 000 m³ de déchets sont enfouis. La dégradation de ces déchets et les radiations émises sont un danger pour la planète qui pourrait avoir des conséquences désastreuses. L’autre grand point d’inquiétude est le vieillissement du parc nucléaire français, la question de leur sécurité se pose de plus en plus et la peur d’un accident fait peser des craintes sur la population.

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Indépendance énergétique et coût du nucléaire

Le nucléaire permet à la France de ne pas trop dépendre des énergies fossiles telles que le charbon, le gaz et le pétrole. Nos réserves étant quasi-nulles, le nucléaire vient donc jouer un rôle stratégique, c’est d’ailleurs la principale raison du choix du nucléaire dans les années 1970. La question économique vient également soutenir ce choix, tout du moins pour le moment. Le tarif est régulé à 42 € par MWh, mais ce coût pourrait très bien augmenter. En effet, il n’a pas été révisé depuis 2012 et EDF essaye de faire en sorte de l’actualiser.

Pour plusieurs raisons, les coûts liés au nucléaire risquent d’augmenter ces prochaines années et par conséquent le tarif de l’électricité. D’abord, nous l’avons déjà relevé, le parc des centrales nucléaires en France est vieillissant et la maintenance de ce genre d’installation est extrêmement coûteuse. Le traitement et le stockage des déchets qui se multiplient sont également un poste de dépense important. Ensuite, la construction de grands projets dans ce domaine, comme la centrale EPR de Flamanville, connaît des déboires techniques et juridiques depuis plusieurs années. Initialement prévue pour une mise en route en 2012, la construction de cette centrale devrait se boucler en 2022 soit avec 10 ans de retard et un budget qui a presque quadruplé à plus de 11 milliards d’euros. Selon la Cour des comptes, le prix de l’électricité pourrait grimper à près de 120 € par MWh, soit le triple du prix actuel.

En bref, malgré un faible bilan carbone, l’image du nucléaire soulève l’inquiétude aussi bien chez les écologistes qu’au sein de la population générale. Aujourd’hui, de nombreuses voix s’élèvent pour l’abandon progressif de cette solution et le remplacement par des énergies renouvelables.

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Les énergies renouvelables, solution viable ?

Nous l’avons vu, si le nucléaire présente des avantages stratégiques certains et un bilan carbone faible, il perd néanmoins du terrain chaque année face aux énergies renouvelables qui deviennent de plus en plus accessibles. La maîtrise et la compréhension des nouvelles techniques pour produire de l’électricité durable ont fait baisser drastiquement les coûts ces dix dernières années. Une étude aux États-Unis a démontré qu’entre 2009 et 2019, le tarif de l’énergie éolienne est passé de 135$ à 41$ le MWh, c’est encore plus impressionnant pour le photovoltaïque dont les tarifs ont fondu de 359$ à 40$ par MWh. Ce n’est donc qu’une question de temps pour que ces modes de production deviennent pertinents à grande échelle. Petit tour d’horizon des énergies renouvelables sur notre territoire.

L’hydraulique

Grâce à sa géographie, avec de nombreuses montagnes et cours d’eau, la France à une expertise et un potentiel certain dans le domaine de l’hydroélectricité. C’est la deuxième source d’approvisionnement, très loin derrière le nucléaire néanmoins, avec 11,2 % de la production en 2019.

L’éolien

La croissance en énergie éolienne est constante depuis quelques années, avec 6,3 % de l’électricité produite sur le territoire en 2019. Mais la problématique reste qu’elle est une source d’énergie intermittente. Le développement de projets éoliens en mer reste une piste intéressante avec un potentiel de 30 000 MW, mais à l’heure actuelle, aucun projet d’envergure n’a vu le jour.

Le photovoltaïque

L’énergie solaire a contribué à 2,2 % de la production d’électricité en 2019, en augmentation constante depuis une dizaine d’années. Néanmoins, le photovoltaïque n’est pas une priorité en matière d’installation sur le territoire.

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Les bioénergies

La biomasse est championne des énergies renouvelables en France, mais est surtout utilisée pour la production de carburant et encore très peu de l’électricité. En 2019, elle couvre seulement 1,8 % de la production nationale totale.

Conclusion

Ces énergies renouvelables sont des solutions possibles pour assurer une transition vers moins de nucléaires. Des questions techniques, en particulier pour le solaire et l’éolien, restent à éclaircir telles que le stockage de l’électricité, mais ce n’est qu’une question de temps, la recherche avance à grands pas. Le nucléaire garde donc, dans l’immédiat et face aux centrales thermiques extrêmement polluantes, son statut d’incontournable pour la production électrique en France.