Dans notre vie quotidienne, nous avons tous, à différents degrés, adopté des réflexes et des comportements pour sauver la planète. Que ce soit avec le tri de nos déchets ou dans nos modes de déplacements. Ces petits gestes qui, cumulés peuvent faire de grands changements, font désormais partie de nos habitudes. Il en va de même lorsque cela concerne notre assiette. L’alimentation est devenue un cheval de bataille essentiel de l’écologie. Que ce soit en réduisant notre consommation de viande ou en achetant des aliments cultivés avec des méthodes beaucoup plus respectueuses pour l’environnement, notre assiette est un levier important pour réduire notre impact sur la planète.

Le bio, c’est quoi ?

Pour faire simple, lorsque nous mangeons bio, nous choisissons de consommer des aliments issus de l’agriculture biologique. Ce sont des méthodes de production qui remettent au centre l’environnement, le bien-être animal et la santé de l’agriculteur ainsi que du consommateur. Le cycle de production est certifié sans produits ni additifs chimiques tels que les engrais, les pesticides, les arômes artificiels, les colorants ou édulcorants, sans OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) et dans le respect des sols et de la biodiversité. Le bio à un effet bénéfique sur notre santé avec des aliments riches en éléments, et c’est la principale raison pour laquelle nous nous tournons de plus en plus vers ces produits.

Au goût, ces aliments et boissons sont beaucoup plus authentiques et libèrent toute la saveur de leur terroir. Aujourd’hui, le bio se retrouve à tous les rayons, solide comme liquide. Que ce soient les viandes, les fruits et légumes, les pâtes et les céréales, les produits laitiers, les vins et spiritueux, les jus de fruits et même les plats préparés, il n’y a pas un domaine qui n’échappe à la vague bio. Et pour nous autres, consommateurs, le bio représente une philosophie de vie. En bref, nous achetons des produits bio pour protéger notre santé, celle des agriculteurs et pour faire un geste vers la planète.

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L’écologie appliquée au secteur de l’alimentation

L’écologie, avant d’être un mouvement philosophique, c’est tout d’abord une science. C’est l’étude des organismes vivants évoluant dans leur milieu en tenant compte de leurs interactions. Cet ensemble crée ce que l’on surnomme un écosystème. Lorsque nous ramenons l’écologie à notre façon de nous alimenter, il y a plusieurs facteurs à prendre en compte. En pratique, on parle souvent d’empreinte carbone. L’industrie alimentaire dans le monde compte pour près de la moitié des rejets de dioxyde de carbone, c’est colossal ! Mais alors, comment calculer l’impact réel que représentent la production et la commercialisation d’un aliment ?

Il faut tenir compte de toutes les étapes qui mènent les aliments vers notre assiette. La première est souvent considérée comme la plus critique pour la planète, c’est l’empreinte liée à la production du produit, qui va de la culture ou l’élevage à la sortie de la ferme ou de l’usine le cas échéant. Ces processus sont énergivores et génèrent des gaz à effet de serre. Une autre étape est évidemment le transport, assez difficile à quantifier, selon les modes utilisés comme l’avion, le bateau, le camion réfrigéré et la distance parcourue. Ainsi, un aliment transporté en bateau par exemple aura une empreinte bien moindre qu’un transport en avion. Des études ont montré qu’en moyenne le transport représente environ 10 % du total des rejets de CO² dans l’industrie alimentaire. Il faut également ajouter à cela le mode et la durée de stockage, ainsi que les émissions liées à l’emballage des produits.

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Il y a donc énormément de paramètres à prendre en compte dans le secteur de l’alimentation pour limiter l’impact sur l’écologie.

Le bio rime-t-il toujours vraiment avec l’écolo ?

Vu les arguments avancés en faveur de l’agriculture biologique et à son respect de la nature, nous pouvons très vite faire le raccourci que consommer bio, c’est écolo. C’est dans la plupart des cas la vérité, mais ce n’est pas forcément évident et à l’heure d’une prise de conscience sans précédent de notre place dans l’écosystème face aux enjeux grandissants de la lutte pour le climat, il est important de prendre un peu de hauteur et de regarder comment fonctionne l’industrie alimentaire dans son ensemble.

L’agriculture biologique, c’est un fait, réduit drastiquement les émissions de CO² liées à l’étape de la production. Les bonnes pratiques en matière d’écoresponsabilité des agriculteurs et l’exclusion de tout recours aux produits chimiques minimisent grandement l’impact sur la planète. Pour autant, l’agriculture biologique en France ne permet pas de répondre à la demande grandissante des consommateurs et donc, dans le secteur de l’alimentation, le bio ne rime pas forcément avec produits locaux. C’est particulièrement vrai pour les produits issus de la filière animale. Le transport étant un vecteur énergivore et donc polluant, importer des aliments du bout du monde semble ne pas être un bon calcul pour l’écologie. Dès lors, une solution viable serait de consommer des produits bio issus d’une production dite locale.

Mais, là encore, une nouvelle problématique émerge. Sur une surface égale, l’agriculture biologique a un rendement moindre que l’agriculture conventionnelle. Par exemple, dans le secteur céréalier, c’est entre 30 % à 40 % en moins, cela pose évidemment un problème d’espace. Pour produire bio,avec un rendement égal, il faut augmenter les surfaces agricoles et donc possiblement au détriment de prairies ou de forêts et ainsi de la biodiversité.

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Un dernier point a été soulevé à la suite d’études sur certains pesticides dits « naturels » utilisés dans l’agriculture biologique. Il a été démontré que ces mélanges, principalement à base de plantes, pouvaient être nocifs pour les abeilles et certains autres insectes, ce qui empêche la pollinisation. Un pesticide, même sans produit chimique, reste un répulsif et il s’est avéré qu’ils étaient plus nocifs que certains pesticides chimiques autorisés en Europe.

Conclusion

Il ne faut pas se méprendre, le bio est une bonne chose pour nous et la planète, mais à l’échelle du temps, l’agriculture biologique moderne n’en est qu’à ses balbutiements et est amenée à encore se développer. Un peu comme pour le mix énergétique, nous pouvons instaurer un mix alimentaire, pour trouver un compromis entre autosuffisances alimentaires, protection de l’environnement et notre santé.