Les chiffres nous l’apprennent : la consommation en produits biologiques gagne du terrain et en 2020, la demande des Français dépasse de loin l’offre nationale. Ce constat oblige les autorités à s’ouvrir aux productions bio étrangères, dont la crédibilité est souvent mise en cause. Pour les familles bio, le choix devient alors difficile entre grosses marques, articles bio importés ou production locale sans label. On vous en dit plus dans cet article.

La production locale : principes et enjeux

Le locavorisme, c’est quoi ?

La consommation locale, ou locavorisme selon certains, désigne l’acte de faire ses courses dans un rayon précis autour de chez soi. La pratique a pour but d’encourager l’économie régionale et celle des petits commerces. Cependant, le principal problème qui se pose devant l’expansion du secteur local est l’absence de labellisation de ses produits. Pour rappel, un label est ce qui garantit au consommateur que le produit qu’il désire acheter est effectivement bio.

Ainsi, tout produit local n’est pas forcément bio. Ce manque de certification laisse le doute dans l’esprit du consommateur, ce qui oblige les familles, pourtant bio responsables, à recourir à certaines grosses marques qu’ils préfèrent éviter en temps normal.

Local et bio : Est-ce vraiment différent ?

Certes, les mots bio et local ne sont pas synonymes. Cependant, qu’un produit local A ne soit pas bio ne veut pas dire que les produits B et C ne le sont pas. Au contraire, le « local » a autant de chances d’être bio que tout autre produit labellisé, voire plus. On vous explique pourquoi. Tout d’abord, la labellisation d’un produit n’est pas simple et cela s’explique par la définition même de l’agriculture biologique. Cette dernière porte non seulement l’intérêt de l’environnement dans son cœur, mais aussi celui du consommateur. Il est donc normal que plusieurs normes soient établies. Cependant, l’application de ces règles a beau être faisable, le prouver aux autorités est une autre histoire.

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Supposons, par exemple, qu’un agriculteur français désire confirmer la production bio de son stock, la loi veut que la première étape soit de graver le logo d’« Eurofeuille » dessus. Dans ce but, l’agriculteur doit remplir une certaine paperasse, payer une petite somme, même si « Eurofeuille » est public, puis embaucher une organisation de vérification et enfin attendre. Attendre pendant 36 mois, période durant laquelle l’agriculteur doit subir des contrôles, pour au final modifier un tas de choses à chaque fois que la législation change, c’est-à-dire très fréquemment. Vous l’avez compris, la majorité écrasante des producteurs locaux ne peuvent pas se le permettre et le manque d’encouragement gouvernemental n’est pas pour aider.

Autre chose à signaler : la définition du « local » implique de vendre dans un périmètre limité et cette limitation n’est souvent pas le choix du commerçant. Un agriculteur qui ne peut pas dépasser quelques kilomètres pour vendre cinq ou six kilos de légumes n’a forcément pas les moyens de se payer l’engrais dernier cri du marché. Souvent, les producteurs locaux obéissent aux normes biologiques, qu’ils le veuillent ou non.

Young farmer in soybean fields

Bio de marque, bio importé ou local sans label : Que choisir ?

À l’heure où 40 % des articles bio vendus en France sont importés, il est difficile de nier que la qualité de ces produits est très discutable. En effet, ceux qui pensent que le cahier de charges d’ « Eurofeuille » est peu strict vont être incrédules en voyant celui de certains pays hors Europe. Bien sûr, cela ne s’applique pas à tous les produits étrangers, puisque le laxisme des normes de ces pays ne change pas les valeurs des bons agriculteurs bio. Or, pour nous européens, il est parfois difficile de reconnaître le bon du mauvais d’entre les produits bio importés, compte tenu de la différence culturelle et le manque d’informations. En plus, l’importation bio de l’étranger nécessite le transport itératif des stocks et ceci se fait rarement dans de manière écologique.

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Plus encore, la récente opération antifraude du gouvernement français a fait tomber plus d’une de ces grandes marques « bio », même nationales. Ces contrôles surprises des autorités ont pu prouver ce que la plupart redoutaient : non, la labellisation, même gouvernementale, ne suffit pas.

Local bio et non bio : Voici comment faire la différence

Devant la surconsommation et le déclin de la qualité du bio labellisé, le rôle des producteurs locaux s’avère vital. Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’on va être moins vigilant ou abandonner nos valeurs biologiques pour autant. Même sans label, il est plutôt facile de savoir si un produit local est biologique ou pas.

Le secret est de poser des questions. Vous le faisiez déjà avant, ce n’est pas le moment d’arrêter. D’autant plus que le vendeur local, souvent le producteur lui-même, est là pour ça. Vous pouvez donc l’interroger sur les méthodes d’agriculture, s’il utilise des pesticides, etc. Une fois que vous vous êtes familiarisés au locavorisme, vous pouvez d’ores et déjà entraîner vos enfants à leur tour. Ceci va leur enseigner les bonnes valeurs et le respect de l’environnement, mais aussi la modération.