Il y a encore une dizaine d’années, les entreprises avaient besoin de salles entières pour leurs équipements de Technologie de l’Information et de Communication (TIC). Mais rapidement, entre la nécessité de traiter et de stocker toujours plus de données et l’apparition des clouds, ce panorama a bien changé. Pour gagner de l’espace et économiser de l’argent, l’adhésion aux espaces d’hébergement virtuels a été massive. Mais ce changement de stratégie ne s’est pas révélé sans conséquence, à l’échelle globale, sur l’environnement. Faisons ici le point sur les chiffres désastreux d’une industrie polluante et sur les mesures à implémenter d’urgence pour réduire l’empreinte écologique de ces nuages bien maussades.

Qu’est-ce qu’un cloud ?

Les clouds sont des espaces virtuels d’hébergement de données et de services internet proposés par des fournisseurs. Leur grand avantage est qu’ils dispensent des systèmes physiques individuels, coûteux en espace, en énergie et en frais de maintenance pour leur détenteur. Car pour être efficaces, ces équipements ont besoin d’être réfrigérés et disponibles 24 heures par jour et 7 heures sur 7, soit une charge fixe mensuelle importante. Pour cette principale raison, les clouds sont une solution très plébiscitée par les entreprises, mais aussi par les particuliers qui veulent conserver leurs archives et qui n’ont qu’à payer un service sans se soucier du reste.

Cependant, ces clouds qui paraissent si abstraits ne sont pas invisibles, bien au contraire. Les nuages informatiques ont aussi besoin d’une assise logistique qui consiste en des data centers, des bâtiments d’une grande superficie qui abritent les serveurs.

Voici à quoi ressemble un datacenter hébergeant un Cloud

Voici à quoi ressemble un datacenter hébergeant un Cloud

L’impact des clouds sur l’environnement

Certes, en plus du gain d’espace, les clouds ont quelques avantages par rapport aux équipements physiques :

  • Hébergement multiple qui peut satisfaire les besoins de millions d’utilisateurs en simultané.
  • Plus grande vitesse de traitement des données.
  • Possibilité de s’adapter aux besoins de l’entreprise en matière de capacité nécessaire.
  • Service constamment actualisé et qui offre un design ainsi que des opérations constamment à la pointe de la technique.
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Mais tout n’est pas rose et si l’on regarde le revers de la médaille, force est de constater que les clouds sont une solution bien loin d’être amie de l’environnement, car elles consomment énormément d’énergie.

Les premiers signaux d’alarme ont été données en 2012, quand Greenpeace (1) se penche sur le sujet et publie une étude qui révèle que les principales entreprises qui proposent ce service, comme Apple et Amazon, sont des grandes consommatrices d’énergie polluante, notamment d’électricité, de charbon ou de nucléaire et qu’elles ne se soucient guère de l’impact causé sur l’environnement. En outre, elles ne communiquent pas de forme transparente sur la provenance de l’énergie qu’elles utilisent pour leur fonctionnement. Selon Greenpeace, si l’on comparait la consommation en énergie des clouds à la consommation d’un pays, celui-ci serait le 5ème plus gros consommateur d’électricité au monde. De quoi nous assommer !

Les conséquences sont désastreuses sur l’environnement : avec leurs émissions de carbone, les clouds participent massivement au réchauffement climatique de la planète et la pire nouvelle est à venir, car ce phénomène devrait encore augmenter dans les prochaines années.

Les fermes de panneaux solaires permettent au Cloud de produire sa propre électricité

Les fermes de panneaux solaires permettent au Cloud de produire sa propre électricité

Les principaux défis des data centers

Il est évident que les clouds font face à des défis réels et urgents, en particulier celui de limiter leur très haute consommation d’énergie. Selon le fabricant chinois Huawei (2), les principales mesures à implanter en vue de minimiser l’impact sur l’environnement devront être :

  • Favoriser la construction de data centers écologiques pendant tout leur cycle de vie, afin de réduire la consommation des ressources.
  • Opter pour une architecture modulaire afin de rendre plus rapides les différentes étapes des chantiers et augmenter l’efficacité énergétique.
  • Simplifier le système de fournissement et de distribution d’énergie pour réduire les temps de conversion et ainsi obtenir de meilleurs taux d’occupation de l’espace.
  • Prévoir dans le futur des systèmes de réfrigération hybrides, c’est-à-dire à la fois compatible avec l’air et les fluides.
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Greenpeace, quant à elle, appelle à l’utilisation urgente des énergies renouvelables, comme le vent et le soleil. L’industrie des data centers en Chine est l’une des plus visées.

Et à l’échelle individuelle, que faire?

Nous pouvons tous être acteurs du changement, à notre échelle. Voici quelques gestes simples à adopter :

  • Vider sa boîte d’email et ne garder que les fichiers importants sur cloud.
  • Utiliser un moteur de recherche écologique, comme Ecosia.
  • Éviter de regarder des films en streaming.
  • N’installer que les applications essentielles et penser à déconnecter les options non utilisées.

Des gestes simples qui, répétés par des millions d’utilisateurs, pourront faire la différence.

À vous de jouer.

Gwen